mardi 25 septembre 2012

Tasers ® Idéologiques contre une gauche automnale : l’hiver s’annonce rude


“Si vous prenez l’habitude d’accepter ce que dit quelqu’un sans en contrôler la valeur, vous vous apercevrez que les autres vous feront haïr vos amis et aimer vos ennemis. Si vous ne le faites pas, alors vous serez toujours manipulés. Vous ne combattrez jamais vos ennemis, vous vous combattrez vous-mêmes." Malcolm X

Il y a quelques années, lorsqu’un parti de gauche a annoncé qu’il ne participerait pas à des manifestations de soutien à la Palestine en cas de présence de femmes voilées, je me souviens d’avoir eu immédiatement cette pensée « quelle bande de crétins ». Non pas à cause de leur hostilité au port du voile (ce n’est pas l’objet de mon propos), mais parce qu’ils venaient de commettre une faute tactique élémentaire. Je me suis simplement dit « Mon Dieu, quelle aubaine pour les sionistes qui n’auront plus qu’à envoyer une ou deux femmes voilées dans les manifs pro-palestiniennes pour provoquer illico la débandade ». Il faut être ballot pour tendre le pistolet, le chargeur et les balles et annoncer à la ronde « voici mon pied. Feu à volonté »...

C’est ainsi qu’on finit un jour par ne même plus prévoir de participer à une manifestation pour la Palestine, parce qu’il y le risque de se voir prendre en photo près d’une femme qui porte... Oh Mon Dieu et Allah Akhbar... un voile ! Alors Gaza et ses cratères attendront car il y a des engagements qui ne tiennent qu’à un fil. La carte de remerciements que vous recevez le lendemain est discrètement signée "M", pour Mossad (ou quelque chose de similaire).

René Balme, maire de Grigny (69) qui a un magnifique (et très original) bilan de gestion et d’expérience de démocratie directe avec la population, s’est vu récemment traîner dans la boue dans un article rempli de mots en "isme" (en fait, un quasi copié/collé de dizaines d’articles déjà publiés ailleurs sous d’autres pseudos contre d’autres personnes) publié par Rue89 et signé Ornella Guyet, une « journaliste » sortie d’on ne sait où et autoproclamée « radicale et révolutionnaire anti-fa », aux multiples pseudos, et administratrice de réseaux « alters radicaux » financés par le milliardaire George Soros et qui ne rechigne pas de participer à des journées d’études organisées par des néocons à Paris. Cette spécialiste des « relations troubles » - selon une de ses expressions fétiches - sait de quoi elle parle.

Par contre, je n’avais jamais remarqué que Rue89 ouvrait ses colonnes aux « anarcho-révolutionnaires ». Avis à la mouvance anar : Rue89 est votre ami. Ou alors c’est l’exception qui confirme la régle et qui tombe fortuitement à pic. Comme c’est ballot. D’un autre côté, le passage en un « éclair de courte durée » (j’aime beaucoup la citer) du statut d’archi-rebelle à celui de contributrice à la grande presse capitaliste n’est pas une nouveauté. Après tout, « grattez un extrémiste, en-dessous vous trouverez un opportuniste » (Lénine).

Et la réaction du Parti de Gauche ? En toute logique, il a tendu le pistolet, le chargeur et les balles et s’est même dessiné une cible sur le pied. « Avec ça, vous ne pouvez pas me rater ». Oh, encore ballot.

La seule réaction que j’imagine en face est celle-ci : « Mince, ça a marché. C’est trop facile. Vite recommençons. »

La figure imposée est celle-ci : untel est sulfureux ; Pascal Riché (rédacteur en Chef de Rue89), membre éminent de la Fondation Franco-Américaine, ne l’est pas ; Untel, avec 30 ans de militantisme exemplaire au compteur, est sulfureux ; Ornella Guyet, mystérieuse antifa surgie d’on ne sait où et aux accointances néoconservatrices et financée par Soros, ne l’est pas.

Vous comprenez ?

Le piège est celui-là : vous aurez beau vous défendre de tous les nouveaux mots en "isme", beau vous expliquer, vous ne vous expliquerez jamais assez. Jamais. S’ils trouvent un os, ils le rongent. S’ils n’en trouvent pas, ils iront en chercher un à côté et vous demanderont ce que vous faites à proximité. S’ils n’en trouvent pas à proximité ils trouveront quelqu’un qui... Et si vous arrivez à prouver que ce n’est pas un os, ils diront que cela en a la forme et donc que pour vous, cela symbolisait un os, mais au niveau de l’inconscient, quoi, t’vois ? En dernier ressort, lorsqu’il n’y a ni os ni forme d’un os, il diront que vous cachez bien votre jeu. Ce qui veut dire que vous cachez quelque chose. Et ce quelque chose, c’est... forcément un os - sinon vous ne le cacheriez pas.

Vous comprenez ?

Et leur seule satisfaction ne seront pas des aveux (lesquels ?) mais de vous voir réduit au silence et à l’inaction. Pourquoi ? Parce que c’est ça leur objectif.

Le constat s’énonce ainsi : au nom de périls inventés de toutes pièces par certains et relayés par d’autres qui n’ont apparemment rien de mieux à faire de leurs journées, la gauche se retrouve petit à petit comme le type qui peint le sol en commençant du mauvais côté de la pièce pour finir acculé dans un angle. Dans ce cas il faut bien inventer une excuse parce que, sinon, on a vraiment l’air ballot.

On peut choisir de livrer de grands combats dans sa vie. On peut aussi choisir la facilité et capituler en rase-campagne en invoquant un cas de force majeure qui sera d’autant plus exagéré que la capitulation aura été minable. Un peu comme ferait un chevalier qui rentre chez lui après une nuit de jeux et de beuveries. A sa femme qui lui demande ce qui lui est arrivé et que sont devenues l’armure et l’épée qu’elle lui avait offertes pour son anniversaire, il répond « Euh... j’ai été attaqué par un dragon ». Devant sa moue dubitative, il s’empressera de rajouter : « Un ENORME dragon  ». A partir de là et à chaque fois qu’on lui demandera d’aller sauver une demoiselle en détresse, il rétorquera : « j’peux pas sortir, y’a un dragon ».

C’est ainsi que nous sommes devenus ce que nous sommes : la risée de nos adversaires.

La technique est la suivante : par effets d’amalgames successifs et de répétitions ad nauseam, à chaque grande cause potentielle sera associé un qualificatif « épouvantail », véritable « taser® idéologique » aux effets paralysants. Exemples :


Essayez donc d’aborder sérieusement un seul de ces thèmes sans recevoir un coup de taser® idéologique en retour... Mais heureusement qu’il nous reste des sujets tels que les pistes cyclables et le mariage homosexuel. Youpi.

Mais pensez-vous réellement qu’un authentique anti-complotiste s’en prendrait à ceux qui demandent pourquoi et comment la troisième tour du 11/9 est tombée - plutôt qu’au rapport officiel ?

Pensez-vous réellement qu’un authentique anti-confusionniste s’en prendrait à ceux qui aimeraient empêcher le bombardement de la Syrie - plutôt qu’à ceux qui prônent les guerres humanitaires au nom de la démocratie ?

La vérité à mes yeux est celle-ci : la quasi-totalité de ceux qui lancent ces accusations 1) n’en croient pas un mot et/ou servent d’autres intérêts ; 2) n’ont aucune qualification pour le faire ; 3) font preuve eux-mêmes et a contrario d’une imposture qui s’auto-alimente sur le mode : moi je suis un anti-confusionniste parce que j’accuse untel d’être un confusionniste...

Tu parles : comme si on n’avait jamais vu un voyou accuser quelqu’un d’être méchant.

Et la lumière fut :

- l’observateur attentif remarquera que lorsque quelqu’un emploie un seul de ces « tasers® idéologiques », vous pouvez être sûr et certain qu’il les emploiera tous - ce qui est le symptôme même d’une activité cérébrale purement mécanique et conditionnée, un véritable « certificat de conformité » à la propagande.

- On constatera aussi qu’ils sont interchangeables. Ce qui démontre que leur signification première n’a aucune importance. Puisqu’ils sont interchangeables, leur signifiant est purement symbolique, pour ne pas dire totémique, et pointe vers un même signifié. Plusieurs mots pour un seul sens, donc. Lequel ? J’ai beau chercher, je n’en vois qu’un : « hérésie ».

Tous ces nouveaux mots en "isme", sans véritable sens puisqu’ils sont interchangeables et interchangés, ne sont que des variations modernes d’un mot tombé en désuétude.

Et soudain, tout s’illumine et les pièces du puzzle se mettent en place : l’ancien anathème a été modernisé par les prêtres, gourous et fanatiques des églises modernes, mais tous les symptômes sont là, intacts à travers les âges. Les mêmes tabous, les mêmes hystéries, les mêmes vindictes. Les mêmes manipulations, les mêmes excommunications et la même trouille autour. Comment ne l’avais-je pas remarqué plus tôt ? Quel ballot...

Pour conclure, je me vois dans l’obligation et le devoir d’apporter une dernière petite contribution à cette gauche qui n’en finit pas de s’enfermer dans un coin de manière ballot : Lorsque nos réactions sont totalement prévisibles, nous devenons manipulables.

Il ne faut quand même pas avoir obtenu une Maîtrise en Stratégies de Résistance pour comprendre ça, non ?

Viktor Dedaj
« Winter is coming »

jeudi 20 septembre 2012

"Survivre à l’effondrement économique" : la version audio

Partie 1 : Introduction
Partie 2 : Population et pétrole
Partie 3 : Un pic de tout
Partie 4 : L’effondrement financier
Partie 5 : Les réactions de la société
Partie 6 : Des solutions ?
Partie 7 : L’effondrement
Partie 8 : La Base Autonome Durable (BAD) 

Partie 9 : L’eau et la nourriture
Partie 10 : Hygiène, énergie et connaissance Partie 11 : Défense et lien social Partie 12 : Préparation et conclusion

mercredi 19 septembre 2012

Entretien avec Che Guevara


En avril 1964, l'équipe de l'émission Point, conduite par le journaliste Jean Dumur, rencontre Ernesto "Che" Guevara à l'Hôtel Intercontinental, à Genève. Il occupe alors le poste de ministre de l'industrie et se trouve à Genève pour une conférence internationale. C'est pourquoi le "Che" s'exprime en français. A notre connaissance, c'est la seule interview faite en français de Guevara.

Avec décontraction, "Che" Guevara évoque les questions essentielles de la politique cubaine, notamment les conséquences du blocus américain, le rapprochement avec l'URSS et les perspectives d'une extension de la révolution en Amérique latine. 

Une année après cette interview, il quitte ses fonctions ministérielles pour organiser la guerre révolutionnaire en Amérique latine. Le 8 octobre 1967, il est arrêté par l'armée bolivienne et exécuté le lendemain.

mardi 11 septembre 2012

Les Anglais se réveillent !?



Le climat était déjà fort explosif au Québec, et cela, avec raison. Nous étions probablement plusieurs à croire que la situation ne pouvait que s’améliorer après 8 mois de conflit étudiant moussé à l’extrême par ceux-là mêmes qui étaient chargés de le régler. Mais finalement, voilà le grand soir ! Le 4 septembre nous assistons enfin à la fin du règne du candidat Charest, dans sa circonscription de Sherbrooke, et du même coup à celle de sa belliqueuse tribu de libéraux. Cette douce victoire, loin d’être totale, a malheureusement été accompagnée de plusieurs déceptions : parti libéral encore très fort, gouvernement péquiste minoritaire, perte du soldat Aussant, etc. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, cette petite douceur, pourtant prédestinée à être en une le lendemain, fut encore plus enfiellée qu’elle ne l’était déjà par un autre évènement aussi insolite qu’inattendu. Eh oui ! Il semblerait que cette petite victoire, aussi insignifiante soit-elle et ayant beaucoup plus à voir à de l’alternance qu'à un mouvement de masse, ait quelque chose d’assez intolérable pour mériter que l’on essaie de massacrer ceux qui ont eu l’audace de soutenir le parti québécois. Parti qui lui a commis comme crime d’avoir quelques petites positions identitaires dans son projet. Cet attentat plongea évidemment dans l’effroi une bonne partie de la population, mais étrangement pas tout le monde. Cet évènement, qui aurait pu être conclu de manière cordiale, par un minimum de consensus sur le caractère politique et extrémiste de l’acte (du moins de la part des médias comme c’est généralement le cas un peu partout dans le monde dans des situations équivalentes) fut une véritable débandade de propos plus ou moins ignoble en provenance non seulement des médias anglais, mais aussi francophones.

Cette incroyable situation, aux vues des réactions aussi absurdes et inconséquentes qu’elles ont suscitées, ne peut être comprise autrement que comme l’incarnation d’une haine viscérale qu’ont certains citoyens du Canada envers la volonté d’émancipation qu’a le Québec, et ceci, pour ne pas simplement parler de racisme grossier dans bien des cas. Ce visible et soudain éclatement de haine, ne pourra que réveiller (en tout cas, je l’espère) ceux qui lévitaient encore une peu trop dans le doux rêve de la bonne entente anglo-québécoise. Bonne entente, que cultivent encore bien des gens de caractères modérés chez nos vaillants souverainistes. Il ne l’a pas officiellement mentionné dans son dernier article, mais j’espère que ceux comme Mathieu Bock côté, qui trouvait dont absurde(1) la comparaison entre le protectorat Français en Algérie et celui que nous connaissons aujourd’hui, vont commencer à voir nos voisins comme ils sont, soit des gens qui ne nous voient aucunement comme des égaux, mais comme des indigènes, si ce n’est pire (2). On me répliquera bien sûr qu’il n’existe aucunes comparaisons factuelles entre le gentil empire britannique et l’horrible empire français ! Les Français, c’est vrai, sont d’horribles colonialistes racistes n’ayant une culture de valeur que lorsque celle-ci est vectrice de cosmopolitisme, de bons vins et d’accessoires de luxe. Alors pour ce qui est de nous… Culturellement inférieur, car rustique et enraciné, contrairement nos cousins et en même temps dépourvue de toute la gentillesse qu’ont nos voisins anglais et étasuniens qui, contrairement à nous, aiment apporter la démocratie aux pays barbares. En n’oubliant pas, du même coup, le doux commerce néolibéral qui vient avec. Il est donc tout à leur honneur de nous aider à atteindre ce « Bien suprême » qu’est l’anglitude en neutralisant nos volontés politiques par la tricherie dans un jeu démocratique déjà tronqué d’avance. S’ils trichent, ce n’est pas une raison d’être en colère voyons donc ! C’est pour notre bien ! Sinon un Québec souverain mettrait en place immédiatement une horrible dictature où les anglophones n’auraient que des droits équivalents aux notes !!! Qu’elle horreur hein !? Faudrait bien être fou pour donner l’autonomie à ces crypto nazis là. Il faut les dominer, les assimiler et assassiner leurs leaders, du moins c’est ce que crois les angryphones des sites comme Park Avenue Gazette ou No dog or no anglophones qui ne sont, je vous l’accorde, pas les plus représentatif des dominants. La grosse majorité d’entre eux ne veulent que la domination politique, l’assimilation viendra d’elle-même avec le temps. Avant de continuer l’élaboration de ce torrent d’aberration que sont les relations anglo-québécoises, laissez-moi revenir un moment sur les faits saillants de la soirée du 4 septembre pour ne pas perdre de vu la gravité des évènements :    

Peu avant minuit mardi soir, Pauline Marois, chef du parti québécois et première ministre élue, prononçait son discours de victoire, au Métropolis de Montréal.

Vêtu d’un peignoir et d’une cagoule, un monsieur du nom de Richard Henry Bain, résidant de 61 ans de La Conception, s'est approché de l'entrée des artistes, derrière le Métropolis.

Bain aurait tiré en direction de la salle et atteint deux techniciens. À l'intérieur de la salle, le son de l'arme aurait été couvert par les acclamations des militants, qui n'ont rien entendu.

Denis Blanchette, technicien de scène de 48 ans, père d'une fille de 4 ans, fut tué sur place en empêchant le tireur d'entrer dans le Métropolis.

Un autre technicien de 27 ans, Dave Courage, a aussi été touché au niveau du bassin. Il a été opéré et a survécu.

Rapidement, les agents de la Sûreté du Québec ont tiré les blessés à l'intérieur du Métropolis et ont verrouillé la porte. Le suspect aurait alors allumé un incendie à l'extérieur de la salle.

Les policiers sont ensuite intervenus et plaqué au sol notre assassin. Celui-ci, devant les caméras arrivées aussitôt, cria « Les Anglais se réveillent! It's gonna be fucking payback !» Un policier en civil aurait saisi au moins deux armes au suspect, une arme de poing et un fusil d'assaut, ressemblant à un AK-47.

Au même moment, alors qu'elle prononçait toujours son discours en direct à la télé, Mme Marois a été entraînée subitement dans les coulisses par ses gardes du corps. Elle est ensuite retournée au micro et a demandé aux militants de quitter la salle calmement.
Une fois le suspect mis hors d’état de nuire, les policiers ont fouillé son véhicule, garé tout près et y auraient trouvé un bidon de liquide inflammable ainsi qu’une scie.
C’est donc ainsi que débuta la carrière d’assassin de Bain et aussi le supposé régime de terreur du parti québécois. Régime de terreur minoritaire dois-je le rappeler et qui sera probablement incapable de faire les réformes attendues par son électorat. Malgré cette situation très attendue et tout sauf révolutionnaire, la colère et la peur de nos camarades anglophones leur imposa la connerie en gros titre comme celui du Calgary Herald qui nous explique que le souverainisme québécois est intolérant ou bien The Gazette qui accuse le PQ de xénophobie. Sans compter, nos propres larbins de La Presse qui décrivent Bain comme « Un amoureux du Canada à l’âme troublée »! Beau portrait, ne trouvez-vous pas, d’un homme qui a tenté d’assassiner la nouvelle première ministre du Québec ? C’est sûrement un acte de foi pour sauver la démocratie canadienne de la terreur péquiste nous dira-t-on? Enfin, tout ceci et je n’ai même pas fait mention de ce qui s’écrit sur les réseaux sociaux comme appels au meurtre et commentaires haineux en provenance d’autres gentils « amoureux du Canada »!   

Que doit-on conclure de cette affaire et de son aspect profondément révélateur ? Il est difficile de ne pas voir une aberrante condition de deux poids deux mesures dans ces réactions. On parle, sans le moindre complexe, de terrorisme pour les étudiants qui ont enfumés le métro, mais Bain lui ce n’est qu’une âme troublée? J’aimerais bien voir les gens de La Presse nous parler d’Anders Behring Breivik ou de Timothy McVeigh comme de grands amoureux de la Norvège et des Etats-Unis. Ça serait impensable à première vue, mais ici il faut croire que tout est possible au nom du sacro-saint beau Canada, le plusss beau pays du monde ! Évidemment, l’on me rétorquera que le nombre de morts n’est pas comparable (même si l’intention y était). La remarque est peut-être valable pour les gens de mauvaise foi, mais je ne crois pas que sur le principe qu’il a manqué son coup, La Presse ou tout autre officine médiatique du même ordre, feraient l’éloge de Umar Farouk Abdulmutallab comme d’un amoureux de la sagesse musulmane à l’âme troublée! Non c’est juste au Québec que ce genre de situation arrive, on est vraiment une province distincte !

Notre cas, si vous ne l’aviez pas encore remarqué, est tout à fait singulier en ce qui a trait le double standard. Nous sommes un des rares peuples (si ce n’est pas le seul) à qui reviennent le chapeau de l’exploiteur et la condition de l’exploité. Nous sommes de méchants dominateurs de part notre volonté d’exister, mais en même temps nous sommes incapables de le faire appliquer convenablement de par notre statut de minorité dans les formes politiques du pays. De là les accusations délirantes des sites angyphones qui dans la même phrase nous traite de peuple d’arriéré (c’est la signification propre du terme Kebeckistan) et en même temps de nazi. C’est vraiment le statut le moins enviable que l’on puisse imaginer. D’un côté l’infériorisation morale du dominant et de l’autre l’incapacité et la stigmatisation du dominé. « Big deal! »

Enfin bref ! Rien n’est plus révélateur que la situation actuelle pour illustrer les relations anglo-québécoises et le pourquoi de la nécessité de se battre pour avoir notre pays. Rien n’est plus faux que de croire que c’est en courbant l’échine que l’on obtiendra le respect. Si on se couche, ils vont nous piller dessus, mais si nous restons debout et que nous résistons, ils vont nous haïr, mais ils vont nous respecter, disait Falardeau. Et c’est exactement ce qui arrivera si nous nous assumons fermement et cessons de faire de l’aplaventrisme. Encore une fois, rappelons-nous d’autres des sages paroles du feu soldat Falardeau, le moment de le crier n’aura jamais été si fort qu’en ce dramatique moment :

« La lutte pour la libération de notre pays n'est pas une lutte constitutionnelle. C'est une question de vie ou de mort. Ou rester à jamais une minorité de braillards et mourir à petit feu comme à Sault-Sainte-Marie, ou devenir enfin un peuple libre et vivre debout. La lutte pour la liberté et l'indépendance n'appartient ni à un parti ni à une classe, mais à l'ensemble du peuple québécois. Chacun, quelle que soit sa langue, son origine ethnique ou la couleur de sa peau, est personnellement responsable. Responsable de tous. Il y a un prix à payer pour la victoire ou pour la défaite. Chacun devra rendre les comptes. Le choix est simple : ou la liberté, ou la mort ! » 
Benedikt Arden


(1) La situation n’est pas la même actuellement, c’est certain. Mais si les choses iraient dans le même sens, la réplique serait au moins équivalente.
(2) Bien sûr je sais qu’il ne faut pas généraliser, alors je dirai seulement « des » anglo-canadiens  et non pas « tout » les anglo-canadiens. 

vendredi 7 septembre 2012

Le pouvoir des communautés - Comment Cuba survécut en 1990 sans pétrole

L'humanité n'a jamais fait l'expérience de la pénurie totale de pétrole. Il n'existe qu'un précédent, à l'échelle d'un petit pays isolé: Cuba. Après l'effondrement de l'Union soviétique, ce pays a en effet connu une pénurie de pétrole comparable à celle qui frappera inévitablement le monde entier à moins qu'on ne la prévienne par des changements immédiats et radicaux dans les habitudes de consommation de l'énergie.

Le peuple cubain a su faire preuve d'une solidarité exemplaire qui l'a rendu capable, entre autres exploits, de transformer complètement son agriculture en une dizaine d'années. Les tracteurs et les fertilisants russes avaient en effet permis à Cuba, dans le cadre de sa révolution verte, de se doter d'une agriculture plus industrialisée encore que celle des États-Unis, produisant de grandes quantités de sucre destiné l'exportation et important une forte proportion de sa nourriture, 50% de son riz par exemple. Aujourd'hui, le pays est autosuffisant et après avoir redécouvert les vertus de la petite ferme privée et celle du jardinage urbain, il exporte des spécialistes de l'agriculture biologique dans le reste de l'Amérique latine.

L'équipe américaine qui a tourné le film Le pouvoir des communautés, lequel relate l'histoire de la réaction cubaine à la pénurie de pétrole, a voulu démontrer que c'est seulement en suivant l'exemple des Cubains, en faisant preuve des mêmes qualités, que les populations des autres pays du monde, à commencer par celle des États-Unis, pourront trouver une solution heureuse aux problèmes résultant du manque de pétrole. Soit dit en passant, c'est après avoir vu le film Le pouvoir des communautés que Rob Hopkins et ses amis ont décidé de créer les premiers groupes Transition Towns.

jeudi 6 septembre 2012

Entretien avec René Balme

Interview ReOpen911 : Le maire de Grigny, René Balme répond à la campagne de propagande lancée par Ornella Guyet l'associant au conspirationnisme et à l'antisémitisme pour avoir, entre autre, relayé sur un site qu'il animait, des articles de notre association.


Interview de René Balme, maire de Grigny, par... par ReOpen911

samedi 1 septembre 2012

La p’tite Politique ou la perversion du bon sens


Si l’on dit que l’on reconnaît la valeur de quelqu’un à ses actes, je crois que l’on peut aussi dire que l’on reconnaît de nos jours le manque de valeur d’un parti politique à sa démagogie. Et de la démagogie on en a entendu depuis le début de la campagne électorale, enclenchée par notre cher matamore frisé de la sécurité publique (si tant est que ça soit possible d’être pire). Il va sans dire que cette soudaine élection, quoique anticipée de manière théorique, déclencha aussitôt une machine électorale visiblement pas tout à fait au point chez les autres partis. Quoique l’objectif de cette peau de banane ait bel et bien marché, les casseroles du parti libéral étaient tellement nombreuses que l’avantage supposé de ce départ précipité ne fût pas tel qu’escompté. Ce qui impliqua pour eux un désagréable retour sur le ring. Retour au ring électoral d’autant moins agréable, pour le parti libéral, que cette élection-ci se compose de nombreux paramètres nouveaux, ne pouvant que compromettre la victoire d’un parti dont l’avantage principal reste l’inertie. Mais retournons à nos moutons. Que se passe-t-il dans la tête de nos politiciens pour que leur démagogie atteigne de tels niveaux ? En fait, je crois que c’est d’abord parce que la course se trouve à être plus serrée que prévu et que le manque de préparation stratégique impose instinctivement le « bitchage » bas de gamme. Bien sûr, ce n’est pas comme si c’était la première fois qu’une élection se joue serré (même à trois), mais à mon sens, il semble qu’en plus des conjonctures, les circonstances sociopolitiques du moment (locales comme mondiales) jouent indubitablement un grand rôle dans l’ambiance de cette élection.

Plus profondément encore, il me semble de plus en plus clair que nous arrivons dans une nouvelle ère politique et que cette fin de cycle (pour ne pas citer un livre du même nom) soit aussi la cause d’une effervescence qui travaille les têtes. Par contre, cette effervescence ne doit pas être confondue avec une quelconque situation révolutionnaire. Tout au plus, le début d’une phase de frustration pouvant éventuellement déboucher sur une ébauche de retour à la conscience collective. Mais bref, nous sommes sans conteste dans une phase de fin de cycle et non pas encore dans du neuf, car le ménage des élites n’est toujours pas fait et est plus que nécessaire pour tourner la page. Enfin, la situation actuelle étant tout de même vraisemblablement insupportable pour tout le monde, le moment où l’inévitable changement de cap devra arriver doit donc être très proche. Simplement, ce qui doit être le plus agaçant pour les politiciens de profession, c’est que l’orientation de ce changement de cap est encore très dure à anticiper ! Et c’est là le paramètre qui s’avère le plus singulier de nos jours pour ceux qui aiment surfer sur la récupération politique, car les dernières élections (provinciales comme fédérales) nous ont tout donné sauf de la logique et de la cohérence.
  • 2007 (provinciale), le Québec vote en masse pour l’ADQ (défaite historique du PQ)
  • 2008 (provinciale), le Québec ne vote pas en masse (donc victoire par défaut du PLQ)
  • 2011 (fédérale), le Québec vote en masse pour le NPD (défaite historique du BQ et du PLC) et majorité conservatrice[1]     
Le seul point commun à ces trois élections[2], serait, à bien des égards, le vote (ou le non-vote) contestataire. Qui relève plus de l’effet de vague que d’un désire de changements précis, car, admettons-le, si l’on veut du changement, il faut bien savoir ce que l’on veut sinon on nage dans les phrases vides et les mots creux de politiciens. Mais les mots creux et les phrases vides, même s’ils ne veulent de facto rien dire, ont fait gagner bien des élections passées et comme les mandats ne sont pas révocable (comme ils devraient l’être en démocratie) bien pourquoi se gêner ? Voilà selon moi les bases principales de la démagogie actuelle. 

Mais avant de continuer, qu’est-ce que j’entends par démagogie ? Car il est normal qu’un discours politicien soit quelque peu démagogique. Aucune des grandes figures du 20e siècle n'a pu se prétendre vierge de propos minimalement démagogiques, c’est la politique de toute l’éternité qui est comme ça, des Grecs jusqu’à nous.

« Action de flatter les aspirations à la facilité et les passions des masses populaires pour obtenir ou conserver le pouvoir ou pour accroître sa popularité. »[3]

D’une certaine façon, Charles de Gaulle, dans son fameux discours du 24 juillet 1967, pouvait facilement être vu comme un démagogue, même si je crois sincèrement que ce discours était tout sauf irrationnel. Enfin, tout pour dire que la démagogie (celle dont je déplore les effets) est surtout caractérisée par son caractère sophistique et mensonger et c’est là-dessus que ma critique se porte.

Les exemples de concepts bidon ces derniers temps sont légion et tous les grands partis sont plus ou moins coupables. Par exemple, le PQ et son soi-disant vote utile ou de raison. Un certain Jean-François Lisée (pour ne pas le nommer), nous apprend même que les souverainistes et les progressistes du Québec, qui ne voteraient pas PQ, seraient (grosso modo) des irresponsables qui ne cherchent, par leur vote non-péquiste, qu’à se faire de petits plaisirs égoïstes !? Ces gens seraient à blâmer un peu comme ceux qui aiment prendre des douches trop longues ou ceux qui jettent leurs déchets recyclables aux ordures plutôt qu’au recyclage. En sommes, des gens qui croient que leur petit vice ne compterait pas vraiment[4]. Enfin, je ne sais pas pour vous, mais il semble vraiment nous prendre pour des cons avec son air de papa moralisateur!

D'autres, et surtout les militants, nous parleront de division du vote... Bien sûr ! Un vote PQ est un vote rationnel, mais seulement si l’on oublie plusieurs détails de tailles, comme le fait de ne pas être nécessairement en accords avec eux sur un tas de trucs ou peut-être celui de ne simplement plus leur faire confiance. Sans compter qu’ils ont été les premiers à refuser les alliances stratégiques avant la campagne, ce qui donne à leur argument une légitimité proche du zéro. Le thème du PQ est particulièrement clair, ils veulent le pouvoir et compte sur la haine envers Charest pour y arriver. Donc ils jouent la culpabilité et la peur du pire contre le moins pire (eux en sommes). Comme je l’ai dit, nous sommes dans une croisée des chemins et si le PQ veut se réserver le pouvoir pour ne rien faire de vraiment mieux (Exemple : l’époque Bouchard-Landry), sans le partager et surtout sans changer le mode de scrutin (pour que cesse ce foutu vote utile), bien ils devront apprendre à le perdre comme tous bons partis dits de gouvernement.              

Le second gros canon de la démagogie est la nouvelle CAQ, avec son expert et candidat poids lourd, Gaétan Barrette, qui nous rassure qu’avec eux y’en aura pas de référendum d’initiative populaire[5] ni de référendum tout court. Ouf ! Une chance ! Que ferait-on si l’on tombait dans un tyrannique régime démocratique ! Mon Dieu ! Avec la CAQ, c’est sûr, il n’y en aura pas de chicane, comptez sur nous. On va tout régler tout tout tout de suite ! Évidemment, il n’y aura pas grand monde de politisé pour ne pas trouver ce parti comme étant l’incarnation même de la démagogie, en commençant pas son slogan de campagne « C’est assez, faut que ça change! ». Mais changer pourquoi ? Pour un nouveau parti libéral qui nous dira que les référendums ce n’est pas bon pour la démocratie et qui fera encore les mêmes choses qu’on ne veut plus, mais en mieux ? La CAQ est une grossière construction des sondages de Quebecor sur « les vraies affaires », l’équivalent des boys band, mais version politicaillerie. C’est tellement grossier et artificiel comme montage que le parti est déjà un ramassis d’opportunistes et de parjures. On oublierait probablement après 2 jours que l’on a changé de gouvernement s’ils s’avéraient à être au pouvoir. Ah oui ! Un petit commentaire au passage. La démocratie implique la chicane, car les idées par définition ça divise. Alors si vous voulez vraiment régler tous les problèmes tout de suite et sans chicane ni référendum, bien arrêtez de faire semblant d’être démocrate et assumez-vous comme autocrates. Comme ça les choses seront claires !

Les derniers et non les moindres, sont les champions toutes catégories de la démagogie et malgré leurs exploits en la matière le printemps dernier, ils nous surprennent encore. En fait, le parti libéral c’est de la démagogie à 100 %. D'ailleurs, leur discours est vraiment simple à comprendre en ce sens.

Pour le Québec ou :
Pour l’économie
Pour les libéraux, qu’est-ce que c’est l’économie ? C’est simplement les entreprises privées. Et qu'est-ce qu’une économie qui va bien ? Des entreprises privées qui vont bien. Ensuite, si les compagnies font un maximum de profit, ils laisseront nécessairement tomber un maximum de miettes pour le petit peuple. C’est ça l’économie pour les libéraux et aucuns concepts keynésiens ou d’intérêts collectifs quelconques n’ont de sens dans leurs têtes. Pourtant, c’est bien ce que le peuple devrait comprendre par une économie en santé, car l’économie est une science humaine qui n’a pas de sens en elle-même. Alors, que les billets bougent de mains en mains et qu’il y ait des chantiers partout OK, mais à quoi bon si la collectivité n’en profite pas ? Le seul lobby qui compte c’est les administrés, ceux qui votent. Pas les personnes morales.

Pour la sécurité
Là, c’est de la démagogie typique avec le bon vieux truc du pompier pyromane. L’on crée le problème puis on joue au sauveur. Provoquer les gens, leur taper dessus puis chialer à l’intimidation comme une victime quand il y a riposte. Vraiment, faut le faire ! Sans compter le summum du summum. Parler d’accessibilité des universités (dans le sens de bâtiment aux portes ouvertes) pour tenter de contredire des piqueteurs qui font grève pour l’accessibilité à l’éducation. Je me demande si ce n’est pas une première mondiale dans le domaine du sophisme justement.   

Pour le statu quo
Enfin, dernier point et d’importance. L’utilisation du système de représentation britannique à un tour, sans révocation de mandat (bien sûr !), ni date d’élection fixe (évidemment !), pour justifier la légitimité et l’assentiment de ses décisions. Quand on sait que toutes personnes habitant dans un château fort du parti adverse et que toutes personnes ne se reconnaissant pas dans les partis « dits de gouvernement », n’ont de facto pas le droit de vote (car presque nul sur le plan du résultat final). Et que même pour ceux qui ont la chance d’avoir un vote d’impact, il n'existe aucuns moyens de faire respecter les promesses pour lesquelles ceux-ci se sont fait élire. On est en droit de croire que le pouvoir du peuple (démocratie) c’est du pur bobard. La démocratie ! C’est vraiment le mot creux de politicien par excellence. Tellement, qu’ils finissent par nous le faire détester, à force de l’associer à des décisions antisociales.

En conclusion, je ne crois pas du tout que nous sortirons du marasme actuel après les élections du 4 septembre, car les probabilités d’avoir autre chose que le pire, le chaos ou bien le moins pire au pouvoir, sont pratiquement nulles à cause du régime politique actuel. Malgré tout, je vous encourage à ne pas vous laisser avoir par la démagogie des partis de gouvernement et à soutenir les partis émergents peu importe lesquels, car ils ne peuvent, de par leurs situations de petits partis, contenir autant d’opportunistes et de carriéristes que les autres. C’est à cause d’eux si la politique ressemble à une mauvaise téléréalité et il faudra tôt ou tard faire le vrai ménage... le vrai. La mort des gros partis est le dernier obstacle avant l’avènement du nouveau cycle. Alors, donnez-leur un coup de pied dans les urnes ! ON[6] a besoin de tous pour bâtir la suite!

Benedikt Arden


[1] Je néglige volontairement les élections de 2006 et 2008 au fédéral, car s’inscrivant dans la tendance débutée en 2000 (baisse du PLC) dans le reste du Canada. Ce qui est symptomatique de l’élection de 2011, c’est surtout ce qui s’est passé au Québec (la défaite du bloc face au NPD). 
[2] À l’exception, bien sûr des défaites des partis souverainistes, qui ne sont selon moi pas du tout due à une défaite du souverainisme comme mouvement, mais à des paramètres beaucoup plus complexes.
[3] Définition du Larousse.
[6] Désolé, il fallait que je les place!